Les prix en rayon pourraient repartir nettement à la hausse au début de 2027. C’est l’avertissement lancé le 14 octobre par Michel-Édouard Leclerc, qui voit les industriels arriver aux prochaines négociations commerciales avec des demandes d’augmentation proches de 4 %, voire au-delà pour certains.
- Michel-Édouard Leclerc évoque une hausse des prix pouvant atteindre 4 % en supermarché au début de 2027.
- En cause selon lui : les coûts des industriels, qui « ont beaucoup augmenté ».
- Les négociations annuelles entre marques et enseignes doivent aboutir au plus tard le 1er mars.
- En septembre, l’alimentation ne progressait que de 1,4 % sur un an, mais les produits frais de 9,5 %.
Plan de l'article
- Que dit exactement Michel-Édouard Leclerc ?
- Pourquoi les industriels veulent-ils augmenter leurs tarifs ?
- Comment se déroulent les négociations commerciales ?
- Où en sont les prix alimentaires aujourd’hui ?
- Faut-il s’attendre à une flambée en rayon ?
- Comment limiter l’impact sur son budget courses ?
- Questions fréquentes
Que dit exactement Michel-Édouard Leclerc ? #
Invité de la Grande Interview de CNEWS et Europe 1 mercredi 14 octobre, le président du comité stratégique des centres E.Leclerc a prévenu que l’inflation en magasin pourrait s’approcher de 4 % au début de l’année prochaine. Sa justification tient en une phrase, reprise en titre par Europe 1 : « Nos industriels ont des coûts qui ont beaucoup augmenté. »
Le patron d’enseigne décrit des discussions qui s’annoncent tendues avec les fournisseurs, l’objectif affiché des distributeurs étant de contenir ces hausses pour préserver le pouvoir d’achat. Selon les reprises de l’interview, certains industriels réclameraient même davantage que ce seuil de 4 %.
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Il faut donc lire ce chiffre pour ce qu’il est : un ordre de grandeur des demandes à venir, avancé par une partie prenante de la négociation, et non une hausse déjà actée sur les étiquettes.
Pourquoi les industriels veulent-ils augmenter leurs tarifs ? #
Les fabricants mettent en avant la hausse de leurs coûts de production : énergie, emballages, transport, matières premières agricoles. Depuis le printemps, les organisations de l’agroalimentaire alertent sur ce point. Dès avril, Le Journal des Entreprises relayait leurs inquiétudes sur le coût des emballages plastiques et métalliques, dans le contexte de la guerre au Moyen-Orient.
Les distributeurs, eux, jouent traditionnellement la partition inverse : ils exigent que chaque demande soit justifiée, ligne par ligne, et se posent en défenseurs du panier moyen. C’est ce rapport de force qui déterminera le prix final des produits de marque en rayon.
Comment se déroulent les négociations commerciales ? #
Chaque année, les fournisseurs et les enseignes de la grande distribution doivent signer une convention écrite qui fixe les prix et les conditions de vente de l’année. Le Code de commerce impose que cette convention soit conclue au plus tard le 1er mars.
En pratique, les industriels envoient leurs conditions générales de vente en fin d’année, puis les discussions se tiennent en décembre, janvier et février. Les nouveaux tarifs se répercutent ensuite progressivement dans les magasins au printemps. Autrement dit, si hausse il y a, le consommateur la verra surtout à partir de mars ou avril 2027.
Où en sont les prix alimentaires aujourd’hui ? #
Pour l’instant, le caddie reste plutôt sage, à une exception près. D’après la publication définitive de l’Insee sur les prix de septembre 2026, les prix de l’alimentation progressent de 1,4 % sur un an. Mais les produits frais, eux, s’envolent de 9,5 % sur la même période.
L’inflation globale est plus vive, à 3,1 % sur un an en septembre, tirée surtout par l’énergie. C’est précisément cette énergie plus chère qui alimente les demandes des industriels : une usine qui chauffe, refroidit ou transporte paye davantage, et cherche à le répercuter.
Faut-il s’attendre à une flambée en rayon ? #
Rien n’est joué. D’une négociation à l’autre, l’écart entre les demandes de départ et le résultat final est souvent important : les enseignes obtiennent généralement des hausses bien inférieures à celles réclamées, ou les étalent dans le temps. Une partie peut aussi être absorbée par les marges, au moins sur les produits d’appel.
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Il est également probable que les écarts se creusent selon les rayons. Les produits dont la fabrication consomme beaucoup d’énergie ou d’emballages sont plus exposés que d’autres. Les marques de distributeur, négociées selon un autre circuit, peuvent évoluer différemment des grandes marques nationales.
Comment limiter l’impact sur son budget courses ? #
Sans attendre le printemps, quelques réflexes restent efficaces. Comparer le prix au kilo plutôt que le prix affiché permet de repérer les formats trompeurs. Les marques de distributeur offrent souvent une qualité proche pour un prix plus bas.
Pour les fruits et légumes, dont les prix bougent le plus, privilégier les produits de saison et les marchés de fin de matinée peut faire une vraie différence. Enfin, faire une liste et s’y tenir reste le meilleur rempart contre les achats d’impulsion, quelle que soit l’inflation.
Questions fréquentes #
Les prix vont-ils augmenter de 4 % en janvier ?
Non, pas automatiquement. Le chiffre de 4 % est une estimation avancée par Michel-Édouard Leclerc avant les négociations. Les nouveaux tarifs ne sont fixés qu’au terme des discussions, au plus tard le 1er mars.
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Tous les produits sont-ils concernés ?
Les négociations portent surtout sur les produits de grandes marques vendus en supermarché. Les produits frais, dont les prix dépendent des récoltes et des cours, suivent leur propre évolution.
Pourquoi les produits frais augmentent-ils autant ?
Leur prix dépend fortement de la météo, des récoltes et des coûts de transport. En septembre, l’Insee relevait une hausse de 9,5 % sur un an pour ces produits, bien au-dessus du reste de l’alimentation.




